"Je ne suis qu'une créature solide à travers
le vent ", aimait à dire Anita Conti (1899-1997), morte à
Douarnenez par une nuit de tempête, le soir de Noël 1997, à
l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans. Première femme océanographe
française, elle est sans doute aussi la seule femme à avoir
vécu le " Grand Métier ". En 1952, elle embarque
sur le chalutier-saleur
Bois-Rosé pour partager, à
cinquante-trois ans, la dure vie des pêcheurs de Terre-Neuve. Sur
les bancs du Labrador et les hauts fonds du Groenland, des bateaux de 1 500 tonnes,
pareils à des usines, montent jusqu'aux limites de la glace. Des
"racleurs d'océans" ruisselants de sang qui exultent en
chargeant les cales de leur butin, on se dit, en refermant le livre, qu'ils
n'ont sans doute pas changé depuis les Vikings...
Après
la dernière guerre, elle est chargée d'établir les
cartes de pêche des côtes africaines et crée une pêcherie
de requins en Guinée (Géants des mers chaudes).