« En route pour la mer ! Machine à 105 tours
! ». Au-delà des années, la phrase habituelle résonne
encore chargée d'émotion à l'oreille de l'auteur de
cet ouvrage, capitaine au long cours. Même si pour lui, d'un navire
à l'autre, selon la puissance ou le pas de l'hélice, le nombre
de tours a varié bien souvent, des 60 tours paisibles des vieux
Liberty Ship aux 130 tours haletants de certains bananiers.
Il importait que soit contée par un des leurs, dans son authenticité,
avec ses ombres et ses lumières, ses grandeurs et ses servitudes,
la vie des marins du commerce. Ceux qui d'un continent à l'autre
parcourent les océans et relâchent dans tous les ports du monde,
de Hambourg à Vigo, de Sydney à Hong Kong.
La navigation c'est à la fois l'horizon infini, le ciel immense,
les hurlements de la tempête, les vagues énormes mais aussi
les couchers de soleil grandioses et les nuits étoilées, les
mornes escales ou les folles virées. La passerelle et le carré
des officiers, les quarts de nuit, les émigrants et les clandestins. |