|
|
|
Construit en 1911 par le chantier
Blohm & Voss (Hambourg, Allemagne)
|
|
pour le compte de l’armateur
Reederei Ferdinand Laeisz |
|
Quatre-mâts barque à la coque métallique, ce fut l’un des trois clippers, avec le PEKING et le PAMIR, à être construits à la demande de R. F. Laeisz pour le commerce des nitrates entre le Chili et l’Europe, via le Cap Horn qu’il passa
39 fois !
Il fut lancé le 20 septembre 1911. |
Son nom correspond à l’anglais Trade wind et au français Alizé.
Long de 115,00 m (longueur hors tout) et large de 14,30 m, son tirant d’eau est voisin de 7 m.
Jauge brute : 3 181 tonneaux - Jauge nette : 2 534 tonneaux - Port en lourd : 4 223 t -
Hauteur des mâts au-dessus de la ligne de flottaison : 56 m -
Surface de voilure : 4 000 m2 -
Poids de ses ancres : 2 x 3,5 t. C’était un navire rapide, capable d’atteindre Valparaiso en 71 jours, le retour vers l’Europe s’effectuant en 90 jours. |
|
|
|
|
|
Gros plans sur la proue du voilier et sur son beaupré (mât oblique sur lequel s'appuient les étais tendus entre lui et le mât de misaine), sans bout-dehors. |
|
Il appartenait à la célèbre série des P-liners qui comprenait les PERSIMMON (1891), PISAGUA (1892), PLACILLA (1892), PITLOCHRY (1894), PERKEO (1901), PARMA (1902), PANGANI (1903), POMMERN (1903), PONAPE (1903), PETSCHILI (1903), PINGUIN (1903), PAMIR (1905), PASSAT (1911), PEKING (1911), POLA (1919), PRIWALL (1920), PADUA (1926),. La flotte de F. Laeisz compreniait également un cinq-mâts carré, le PREUSSEN, qui resta le plus grand
voilier du monde jusqu’à la mise en service du FRANCE II lancé en 1911 à Bordeaux par les Chantiers de Gironde (il était affecté à la ligne de Nouvelle-Calédonie pour le transport
du minerai de nickel). Ces navires furent les plus grands voiliers jamais construits et les derniers cargos cap-horniers
naviguant à voiles.
|
Un de ces grands voiliers navigue encore : le PADUA, devenu le KRUSENSHTERN (ci-contre), Deux autres (en plus du PASSAT) sont des navires-musées à quai : le PEKING à New-York (Etats-Unis) et le POMMERN à Mariehamm (Finlande). |
|
Comme on le voit ci-dessous, coques à tôles rivetées |
Il fut construit pour l'armement allemand Reederei F. Laeisz, l'un des plus grands armements de voiliers de commerce au long cours du début du XXe siècle. Cet armement fut fondé par Ferdinand Laeisz, né en 1801 à Hambourg. Son premier navire fut le
brick CARL (prénom de son fils), construit en 1839 par le chantier J. Meyer. Dès 1852, Carl travailla avec son père, faisant
construire de nouveaux navires, et leur entreprise prospéra rapidement. En 1862, le chantier Stülcken leur livra un trois-mâts barque, le PUDEL, encore en bois celui-là, puis toute une série de
voiliers à coque métallique dont le nom commençait par la lettre « P », ce qui fit rapidement
surnommer la compagnie : The Flying P-Line ! D’autres navires, achetés d’occasion, furent également rebaptisés avec des noms débutant par un « P ». La plupart de ces P-liners,
comme ils furent appelés, naviguèrent au commerce des nitrates avec l’Amérique du Sud. Ces
navires étaient puissants, rapides et très bien équipés pour l’époque. |
|
En 1912, les fils de Carl Laeisz reprirent la Compagnie à leur compte, mais, malheureusement,
Herbert fut tué dès le début de la Guerre, et c’est donc Erich qui géra la Compagnie entre les
deux guerres, mais mourut à son tour peu de temps après le Seconde Guerre mondiale. |
Le PASSAT n’effectua que quatre voyages, chargé de nitrates, avant d’être bloqué à quai dans le
port chilien de Iquique, en 1916, à cause de la première Guerre mondiale. Il y resta
bloqué, avec son sistership, le PEKING (lancé aussi en 1911), jusqu’à la fin de la Guerre.
En 1921, il fut livré à la France en compensation de dommages de guerre, pour être
finalement revendu à son ancien propriétaire, F. Laiesz, en décembre de la même
année (13 000 £). Il reprit son commerce antérieur mais souffrit de contretemps à cause
de deux abordages en Manche. |
|
|
|
|
Ci-dessus, vues rapprochées d'un des cabestans (treuil à axe vertical)... sans ses barres d'anspect qu'on engageait dans les mortaises (aussi appelées amolettes) pour virer les aussières, et d'un des treuils à brasser (à axes horizontaux) pour gréer les vergues. |
En 1931, il fut vendu au Capitaine Gustaf Erikson (installé à Mariehamm, Iles Åland,
archipel finlandais sur le Golfe de Botnie, en Mer Baltique), dont la flotte a compté une
cinquantaine de navires entre les deux guerres, parmi eux les
célèbres POMMERN (ci-contre), OLIVEBANK, HOUGOMONT, ARCHIBALD RUSSEL, MELBOURNE, PAMIR, PENANG (ex ALBERT RICKMERS), PESTALOZZI, etc. Naviguant dès l’âge de
10 ans, Erickson, devenu Capitaine au long cours, prit son premier commandement en
1900, il avait alors 28 ans, sur le SOUTHERN BELLE qu’il achètera quelques années plus tard. Il
devint armateur en 1913.
Le PASSAT fut dévolu au commerce du blé avec l’Australie. A noter que Erikson restait
fidèle aux navires à voiles alors que ses concurrents, anglais en particulier, se lançaient
alors dans la navigation à vapeur, faisant construire des steamers et bradant leurs voiliers. |
|
|
Le PASSAT resta à quai à Mariehamm, avec le VIKING et le POMMERN, durant la période 1939-1945.
En 1946, il commerça avec l’Afrique du Sud (marchandises et
passagers) qu’il atteignait en 82 jours. Puis il fit ses deux
derniers voyages de transport de blé, l’un en 1947 (de conserve
avec le VIKING), l’autre en 1948 avec le PAMIR.
En 1947, il rallia Port Victoria (Australie) à Falmouth (Cornouailles)
en 143 jours.
En 1950, le PASSAT fut vendu (en même temps que le PAMIR) à Van der Loo (Anvers) pour être ferraillé. Mais n’ayant pas été démantelé tout de suite, il fut finalement revendu en juin
1951 à un shiplover argenté, H. Schliewen (Lübeck, Allemagne), qui dut le revendre après des soucis financiers. Afin de
devenir un navire-école pour les élèves de la Marine Marchande, il fut réaménagé à Kiel et alors motorisé (moteur
de 1 000 ch), cette faible puissance lui permettant une vitesse de 6 nd. Par vent favorable et lorsque toutes ses
voiles étaient déployées, il pouvait atteindre 18 nd. Son équipage comptait une centaine d’hommes. |
Le PASSAT fut à nouveau vendu aux enchères, en avril 1954, à Schleswig-Holsteinisches Landesbank, puis en 1956, à la Stiftung Pamir und Passat (Lübeck) qui le remit en service (avec le PAMIR) sur la ligne d’Argentine.
En septembre 1957, il vint chercher une cargaison de blé en vrac à La Plata, mais sur son trajet de retour vers
Hambourg, aux côtés du PAMIR, ils furent pris dans l’Atlantique Sud dans un ouragan qui fit riper la cargaison du PAMIR, ce qui entraîna sa perte (seuls six marins furent rescapés, sur les quatre-vingt-six de l’équipage, nous reviendrons prochainement sur la tragédie du PAMIR). Le PASSAT,
lui, arriva à Hambourg en décembre 1957 et y fut désarmé.
Navire à quai à Travemünde depuis 1960, le PASSAT est maintenant un navire musée. |
Comme on le voit ci-dessous sur la plaque de chantier, la plupart des navires que Laeisz fit construire le furent par Blohm & Voss à Hambourg (ou par Tecklenburg à Gestemünde, magnifiques quatre-mâts et cinq-mâts barque tous construits au début du XXésiècle.
|
Accès aux cales malheureusement interdit. A noter (ci-dessous) que des cochons étaient régulièrement embarqués, engraissés puis transformés en salaisons au fur et à mesure du voyage pour nourrir l'équipage. |
Quelques vues du carré et de la cuisine |
Cabine du Commandant et une cabine officier |
| |
| Bibliographie |
Randier J. — Grands voiliers français. Ed. des Quatre Seigneurs, 1974.
Puget O. — Les plus beaux voiliers du Monde. Solar 1997;
Lacroix L. — Les derniers grands voiliers. Ed. Maritimes et d’Outremer,
1967.
|
|
|